Danny Jones. C'est moi. Homme de vingt deux ans, une petite amie photographe, un groupe de musique en vogue, des amis fidèles, et un lourd secret sur le c½ur. Mon sourire compense ma tristesse. Elle est partie y'a trois ans, je ne l'ai plus jamais revue. Elle, c'est Gabriella. Gaby... pour ses amis. Je ne l'ai jamais appelé comme ca. Pourquoi ? Je ne savais pas si j'y été autorisé, et puis... je la haïssais. Je haïssais ma s½ur. Ma demi-s½ur pour être exact. En même temps, lorsque vous voyez votre famille se déchirer, puis un inconnu rentrer dans votre vie, une petite fille de 6 ans dans les bras, qui vous prends votre mère et se comporte comme votre père, comment voulez vous réagir ? Alors j'ai posé toute la faute sur la petite de six piges. Elle n'était pas méchante pourtant. Mais j'étais en colère, alors j'ai tout fait pour lui rendre la vie impossible.
Elle est partie le 16 Novembre 2005. Où ? Pour quoi faire ? Personne n'a jamais su. Seul ce mot dans le bureau de mon beau-père qu'il garde encore aujourd'hui comme le plus gros trésor : « Je vous rembourserai ». Au début, j'ai cru à une crise d'adolescente, pour qu'on la regarde un peu plus, et puis, au bout de deux semaines sans nouvelles, je me suis inquiété. Jamais je n'aurais cru pouvoir autant m'inquiéter pour elle. Je me suis toujours forcer à la haïr, que je m'étais persuader de ne pas l'aimer. C'était tout simplement le contraire.
Ma mère se rendait coupable de son départ, tout comme mon beau-père. Ils disaient qu'ils auraient du l'écouter quand elle leur avait parlé de ce soi-disant viol. De mon côté, j'ai douté. J'ai douté de mon meilleur ami. Je doute encore. Personne ne connait la vérité, personne mis à part elle. Daniel s'est fait arrêté. La raison ? Tentative de viol. Ironique ? Frustrant. Depuis, je ne sais plus quoi penser. Avait-elle dit la vérité ? Aurais-je dû la croire ? Si oui, serait-elle partie ? Comment faire pour savoir ? Trois ans. Trois Noël. Trois changements d'année. Trois anniversaires. Un énorme trou au c½ur. Je m'endors tout les soirs en pensant à ce que je pourrais lui dire si un jour je la revoyais : « Pardonne-moi » étaient les premiers mots qui me viennent à l'esprit.
Mais la reverrais-je un jour ? Là est l'éternelle question, qui est devenue familiale. Ma mère l'a élevée et aimé comme sa propre fille. Mon beau-père ne m'a jamais rendu responsable de sa fuite, et à continuer de m'aimer comme son propre fils alors que mon vrai père se dorait la pilule quelque part sur une île dans le Pacifique, oubliant mon existence, si par chance il se rappelait qu'il m'avait.
Gaby... J'ai tout fais pour l'éloigner de moi durant sept ans, et aujourd'hui... j'aimerai juste pouvoir la serrer dans mes bras, lui dire que je regrette, que sa présence me manque, ainsi que sa voix quand elle fredonnait sous la douche, et que je l'aime. Une photo.
« C'est tout ce qu'il me reste de toi Gaby. »
Une photo. N'est-ce pas cruel ? Certaine personne ont une tonne de photos. Moi j'ai choisit de me torturer pour le mal que je lui ai fait.
Une photo, et son écriture restée sur les pages de ses cahiers. Je les relis chaque fois que je pars en tournée, dans le bus, où lors d'un long voyage en train. Je les connais par c½ur, ces lignes où ma Gaby écrivait à quel point elle l'aimait... son demi-frère. A chaque fois, une larme franchissait mes yeux perçants, et venait s'écraser sur mon haut, lorsqu'elle n'avait pas été balayée par un revers de ma main. J'ai mal. Mal au c½ur. Personne ne m'oblige pourtant à m'infliger ca. Et pourtant, tout ce que je trouve à dire c'est : Je le mérite, c'est à cause de moi.